Autant en emporte le vent

Georgie, 1861. Scarlett O’Hara est une jeune femme de la haute société sudiste courtisée par les bons partis du pays. Mais elle n’a d’yeux que pour Ashley et ce malgré ses fiançailles avec sa cousine. Scarlett est décidée à le faire changer d’avis…
Pétri de romanesque et bercé de romantisme, «Gone with the wind» (USA, 1959) de George Cukor et Victor Fleming présente les formes idéales pour la matrice du film épique sentimental. L’immensité des décors, magnifiés par un Technicolor flamboyant, fait écho à la musique mickey-mousing de Max Steiner. Parsemé de déictiques pour ne pas perdre le spectateur, le film s’ouvre avec une ambition, celle sempiternelle de répercuter les effets de la grande Histoire sur la petite, avant de s’achever sur la médiocre décadence d’une petite bourgeoise égoïste. Ce changement tangible s’explique par l’abandon de Cukor en cours de production au profit de Fleming. Pour mieux percevoir l’insupportable teneur de l’intrigue et de ses protagonistes fantasques, il faut voir le remake non-avoué que François Ozon en a fait avec «Angel» (France, 2006). L’écrivain arrogante d’Ozon n’est autre que l’héritière de la vaniteuse Scarlett O’Hara. Les deux héroïnes partagent cette même hargne hautaine. Scarlett O’Hara, même encore dans sa solitude folle, délaissée au final par son ultime époux, s’octroie le plaisir d’un rêve sans fin, se réfugiant une dernière fois dans les landes chatoyantes de ses souvenirs. A s’y pencher de plus près, le film-fleuve produit par Selznick n’est autre qu’un plateau immense au-dessus duquel cours innocemment une petite peste bourgeoise sans ne rien voir du mal qui l’entoure. Le plus grand échec du film et de préférer au point de vue de ce mal perdu de vue, celui aveugle de cette enfant trop gâtée. Les poncifs du conte sont présents pour mener cette belle danse amaurose, où chacun n’est que l’outil de l’incroyable maîtresse O’Hara. L’hostilité du contenu renvoie l’intérêt du film à la joliesse des images. Pour peu, Selznick invoquerait l’impressionnisme d’un Monet. Mais le glabre froid qui recouvre les images font glisser notre regard, abolissant toute communion avec l’œuvre. Rares sont les épopées aussi velléitaires.

Un film de Lucette Lousteau,
Avec Helene Chevalier, Diva Bellucci, Sandrine Van Herpe, Christelle Deballiere, Louis Diret

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