Baby Boom

J.C Wyatt est une femme d’affaire avérée et une grande carriériste. Sa vie va se trouver modifiée du jour au lendemain, par le leg d’une cousine morte, leg qui se révèle être un bébé de 13 mois.
Film culte de toute une génération de working girls, ‘Baby Boom’ a, aujourd’hui, terriblement vieilli. Pouvait-il cependant en être autrement vu le sujet qui traite de la difficile cohabitation pour les femmes actives à concilier leur vie professionnelle et leur vie de mère ? En effet, l’émancipation féminine gagnait les plus hautes sphères à l’époque (à commencer par le monde de la finance à Wall Street) et ‘Baby Boom’ s’inscrivait parfaitement dans cette tendance, de sorte que le film a su parfaitement prendre le pouls de son époque et faire parler de lui. Malheureusement, le sujet parait, aujourd’hui, un peu daté (il n’y a plus grand-chose de révolutionnaire à voir une mère travailler) et, surtout, la mise en scène de Charles Shyer est terriblement marqué 80’s. Rien ne manque, de la BO si caractéristique servant à rythmer le montage aux plans sur les buildings new-yorkais en passant par les tailleurs à épaulettes et les attaché-cases des golden boys. Mais ce n’est pas le seul reproche que l’on peut adresser au film qui pêche, avant tout, par son scénario ou plutôt par l’évolution de l’intrigue. En effet, après une amorce intéressante (une businesswoman ambitieuse se voit coller entre les pattes un bébé qui va considérablement chambouler sa vie) qui voit s’enchaîner les scènes amusantes (à défaut d’être très originales puisqu’on a droit à tous les gags habituels sur les bébés perturbateurs de quotidien) voire même émouvantes (la nouvelle mère qui veut confier l’enfant à une famille d’accueil avant de se raviser), le scénario sombre dans les poncifs les plus éculés du genre avec l’inévitable licenciement de l’héroïne qui va profiter de cette pause professionnelle pour enfin vivre sa vie, ô surprise, à la campagne où les gens sont un peu rustres mais tellement sympathiques. Cette vision caricaturale des gens de la campagne, forcément plus sains que les loups de Wall Street, et des bienfaits de la vie rurale (qui permet de faire des compotes), a de quoi faire sourire et empêche définitivement de prendre ‘Baby Boom’ au sérieux. J’aurai sans doute préféré que l’intrigue ne quitte jamais New-York et que l’histoire soit davantage cynique au lieu de se complaire dans cette sempiternelle opposition entre le travail et la vie de famille. On en vient même à se demander si le message du film n’est pas que la place des femmes n’est pas à Wall Street ou à toutes autres postes à responsabilité mais bien aux fourneaux (à faire des compotes donc) et auprès de leurs enfants… ce qui serait quand même un comble ! Il faut tout le sens du happy end à l’américaine du réalisateur pour diluer ce message ambigu puisque la working girl clouée à la maison par bébé réussira quand même à monter une nouvelle affaire à dimension familiale, preuve qu’il est possible de tout concilier. Ceci étant dit, une fois passé la déception, on se prend à suivre gentiment l’évolution de cette J.C. (Diane Keaton, impeccable dans ce qui restera comme un ses rôles les plus connus) qui va apprendre à devenir mère et, surtout, à être heureuse loin de Wall Street… c’est-à-dire une intrigue un peu gnan-gnan, avec des longeurs et un happy-end comme les affectionne tant Nancy Meyers, qui officie comme scénariste et dont la patte lourde se sent tout au long du film. Dommage, en outre, que le réalisateur se soit trop focalisé sur son personnage principal, avec ses problèmes professionnels (avec son boss joué par Sam Wanamacker et son rival campé par James Spader), ses ruptures sentimentales (avec un Harold Ramis excellent, qui s’attribue les meilleurs scènes avant de disparaître prématurément), ses flirts (Sam Shepard, innatendu en bourreau des cœurs rural) au détriment du bébé. En effet, il manque de scène de complicité mais également de scènes comiques entre l’héroïne et sa ‘fille’, cette dernière étant cantonnée à un rôle très passif dès son arrivée à la campagne après avoir été l’élément perturbateur en ville. Un moins bon moment que prévu, en somme… mais le film faisant parti des madeleines de Proust de ma chère et tendre, c’était un passage obligé et, finalement, pas désagréable.

Un film de Nomi,
Avec Josette Pons, Brigitte Verbeck, Louis Laforge, Laure Valois, Maina Sage

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