Les Chants de Mandrin

La création, après sa mort et par ses anciens compagnons contrebandiers, de la légende de Louis Mandrin, un célèbre hors-la-loi et héros populaire du milieu du XVIIIème siècle…
En regardant Les chants de Mandrin je ne m’attendais à rien en particulier car je n’avais aucune idée du sujet abordé par le film. Au vu de l’affiche je pensais tomber sur un film plutôt poétique et aspirant à un côté libertaire. Il y a un peu de ça, mais il y a surtout beaucoup de rien. Le film décrit l’hommage à un contrebandier légendaire, sorte de Robin des bois du XVIIIème siècle, Louis Mandrin, assassiné quelques années avant le début de l’histoire. C’est donc à partir d’une posture politique, contestataire, que le film appel à l’indignation et à la révolte face à l’omnipotence d’un pouvoir abusif. Une bande de contrebandiers sillonnent les campagnes de France, prônant le « marché libre ». Obligés de vivre comme des reclus, sans cesse menacer par les troupes du Roi, c’est une véritable camaraderie qui se forme entre eux. Et c’est bien l’aspect le plus sympathique du film, de voir cette solidarité entre ces contrebandiers et leurs invités passagers – un déserteur, un marquis et un colporteur – qui donne à ce groupe une force intérieure, celle de l’entraide et du respect mutuel (chose qui semble être absente des hommes du Roi, pour le peu de scènes où on les voit entre eux). Mais en dépit de cette plongée dans leur univers et de cette admiration de la part du réalisateur à leurs idéologies, difficile d’y trouver son compte en tant que spectateur : si le film paraît engagé, il paraît aussi très fade, l’ensemble des séquences qui nous sont proposées n’engendrant en nous aucune passion et aucun enthousiasme ; c’est malheureusement le chemin habituel des films politiques, se voulant plein d’ardeur et d’idées mais qui ne cachent en fin de compte qu’une parole faite de banalités. On ne s’ennuie pas, la motivation de ces hommes pour transmettre leurs messages n’étant pas propice à l’ennui, puisqu’on ne se perd jamais dans des scènes trop longues ou des dialogues sans fin. Mais il devient aussi compliqué d’y trouver une source de partage, il y a trop peu de matière pour rendre le film concret et marquant. Dans sa reconstitution historique le film tâtonne sans jamais parvenir à se distinguer, les acteurs ne sont pas toujours justes et les discussions sonnent parfois creuses, comme si il y avait un manque d’authenticité, qui gêne d’autant plus l’immersion. La campagne française est filmé d’une manière relativement classique, aucun plan n’impressionne ou ne transmet cet ode à la liberté et à l’autonomie que je pensais retrouver. Le plan ayant été utilisé pour constituer l’affiche étant l’un des rares à marquer les esprits ; le reste des choix artistiques restant anecdotiques. En exploitant au maximum les gros plans sur les visages et l’intimité de la vie de ses personnages, le réalisateur veut nous montrer cette complicité valeureuse d’hommes prêt à tout pour lutter contre un pouvoir fait de barbarie et d’amoralité. Mais la sensation que souhaite faire naître en nous le discours n’atteint jamais son but, nous laissant pantois pendant toute la durée du film, jusqu’au pic de l’indifférence qui se conclu par ces derniers chants ; les chants de Mandrin, qui ne laissent rien d’autre qu’un goût amer de lassitude et de perte de temps…

Un film de Milka Manson,
Avec Marc Goua, Caligula, Benjamin Josse, Ju Bitch, Charlie Mars

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