Les Misérables

Dans la France du 19e siècle, une histoire poignante de rêves brisés, d’amour malheureux, de passion, de sacrifice et de rédemption : l’affirmation intemporelle de la force inépuisable de l’âme humaine.
Tout auréolé du succès mondial de ‘Discours d’un Roi’, Tom Hooper a surpris en choisissant de s’attaquer à l’adaptation de la comédie musicale ‘Les Misérables’, qui cartonne depuis de nombreuses années sur les planches. Le réalisateur avait-il, pour autant, bien mesuré l’ampleur de la tâche et son obligation de respecter un double cahier des charges (les chansons du musical et le roman de Victor Hugo) ? Pas sûr au vu du résultat final, pas forcément bancal comme on aurait pu le craindre mais incontestablement perturbant. Car Hooper a fait le choix déroutant de faire chanter la quasi-totalité des dialogues (le nombre de répliques ‘normales’ se comptent sur les doigts d’une main). L’idée, certes courageuse, s’avère malheureusement contre-productive puisque les personnages en viennent à chanter tout et n’importe quoi, ce qui fait perdre pas mal de force aux chansons. Ce parti-pris devrait laisser un bon nombre de spectateurs sur le carreau. Mais il ne s’agit pas du seul défaut de cette adaptation qui souffre également d’un scénario se voyant contraint de réduire le pavé de Victor Hugo en seulement 2h30 et se livre, ainsi, à de nombreuses ellipses scénaristiques (il faut déjà connaître l’intrigue pour l’apprécier à sa juste valeur). On est, d’ailleurs, surpris que le réalisateur n’hésite pas à sacrifier certains de ses personnages (Jean Valjean perd peu à peu de son aura, Cosette disparaît presque une fois adulte…) pour s’attarder, de façon franchement disproportionnée, sur d’autres (Fantine et surtout Marius qui bénéficient de nombreuses scènes et chansons), ce choix ayant pour conséquence directe d’alourdir le film qui parait, au final, bien trop long. Enfin, dernier défaut, la mise en scène de Hooper privilégie les portraits intimistes (avec plans séquences et gros plans en pagaille), ce qui se fait un peu au détriment de l’ampleur de qu’on était en droit d’attendre du récit d’Hugo (on sent, d’ailleurs que peu d’effort ont été fait sur les décors, qui font un peu artificiels). Un traitement un peu plus emphatique n’aurait pas été de trop, surtout au vu de l’histoire, toujours aussi fantastique, de Jean Valjean. Heureusement, ‘Les Misérables’ peut compter sur son casting quatre étoiles, avec un Hugh Jackman superbe en Valjean (son look en début de film est stupéfiant), un Russell Crowe terriblement rock en intransigeant Javert aux failles apparentes, Sacha Baron Cohen et Helena Bonham Carter en amusants Thénardier (leurs apparitions apportent un peu d’humour à une intrigue pas très guillerette), Anne Hathaway en bouleversante Fantine ou encore la découverte Daniel Huttlestone qui campe un formidable Gavroche, parfaite représentation de l’âme de Paris. Enfin, concernant les chansons, peu connues chez nous, elles passent très bien (on retiendra notamment ‘Look down’, I dreamed a dream’ et ‘One day more’) même si certaines auraient gagné à être raccourcies (‘Valjean’s soliloquy’, ‘Empty chairs at empty tables’…). Pour le reste, une fois passé le choc du film entièrement chanté, on appréciera toujours la force du propos de Victor Hugo, pas si édulcoré que ça. L’adaptation des ‘Misérables’ est, donc, un film original et partiellement réussi qui démontre, s’il en était encore besoin, que l’oeuvre de Hugo est indémodable.

Un film de Dominique Pinon,
Avec Raymond Marcillac, Jean-Michel Clément, Louis XIV, Guillaume Bachelay, Guy-Michel Chauveau

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