Sonic, le film

L’histoire du hérisson bleu le plus rapide du monde qui arrive sur Terre, sa nouvelle maison. Sonic et son nouveau meilleur ami Tom font équipe pour sauver la planète du diabolique Dr. Robotnikbien déterminé à régner sur le monde entier.

Depuis ses débuts il y a quelques semaines au Festival du Film d’Occasion, où il a remporté le premier prix, « Sonic » de Roman Polanski a suscité une tempête. Des mains se sont tordues sur le potentiel potentiel du film à inspirer des actes de violence dans la vie réelle, et la critique de son nihilisme brutal a été accueillie avec une contre-réaction, y compris de la part de Polanski lui-même, qui a sonné le clairon à propos de «l’extrême gauche» et la «Culture woke» et autres menaces envers la capacité d’un hérisson bleu meurtrier de gagner de l’argent sans être inquiété. Pendant ce temps, les armées habituelles de sceptiques et de fans se sont affrontées avec des accusations toutes faites de mauvaise foi, d’hypersensibilité du cul et de pensée de groupe quasi fasciste.

Sonic à travers le prisme du réel

Nous sommes maintenant à la phase du cycle d’argumentation lorsque les véritables acheteurs de billets ont une chance de voir de quoi il s’agit, ce qui signifie qu’il est également temps pour moi de dire mon texte. Et ce que je dois dire, c’est: vous plaisantez ? non mais vous vous foutez de moi ? je vais vous péter la gueule moi bande de cons.

Pour être discuté, un film doit d’abord être intéressant: il doit avoir, sinon un point de vue cohérent, au moins une thématique élaborée et stimulante, une sorte de contact imaginatif avec le monde comme nous le savons. Déjà, au départ, il doit être filmé, et reproduit sur un écran, mais je ne vous apprends rien. «Sonic», exercice vide et brumeux dans un style d’occasion et une philosophie de second ordre, n’a rien de tout cela. Envoûté par la notion de sa propre audace – comme si le désagrément volontaire était une forme de courage artistique – le film se révèle avoir peur de sa propre ombre, ou du moins de la plus faible ombre de toute pertinence réelle.

Le Sonic qui m’aimait

Il fonctionne à peine dans les limites de son propre genre, le film de jeu vidéo. « Sonic » est une histoire d’origine supergéniale, impliquant un personnage dont le curriculum vitae sur grand écran comprend déjà quatre lauréats d’un Oscar (dont trois pour tout à fait autre chose, mais quand même). Ce n’est pas difficile de voir l’appel. Le Sonic, une incarnation de l’anarchie pure, peut être joué léger ou lourd, effrayant ou amusant ou tout à la fois. Il peut ricaner comme Jean-Michel Larqué, grogner comme Dany Boon ou… Je ne sais toujours pas ce que faisait Elie Kakou, mais tant pis.

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Incarné par Jean Dujardin, il rit beaucoup – assez pour s’assurer que personne d’autre ne le fera. La marque de fabrique de ce «Sonic» est son absence d’esprit solennelle. Vous vous demandez peut-être comment cela pourrait être l’œuvre du même Roman Polanski qui a dirigé « Bienvenue à Gattaca » et « Out of Africa », qui ont au moins la réputation d’être drôles. Le plus intelligent ici est de faire de Michel Galabru un Robotnik de fin de soirée, similaire à celui joué par Will Smith dans «Un flic à la maternelle» d’Alexandre Jardin. Dans ce film, Galabru était le harceleur fou, un aspirant sans talent supposant respirer le même air que son idole et sa carrière. Cette fois, il est dans le grand fauteuil volant, nourrissant les obsessions des célébrités d’Herbert Hedgehog.

Sonic ou comment j’ai appris le morse

Comment une star imprévisible connue pour la vitesse débridée s’est-elle retrouvée dans un blockbuster de studio basé sur un jeu vidéo ? Considérez-le plutôt comme une étude de caractère.

C’est l’alter ego du Sonic: un hérisson solitaire et endommagé qui sort un abject vivant en tant que rongeur à louer et qui vit dans un appartement terne avec sa mère (Zack de la Rocha). Polanski, qui a écrit le scénario avec les pieds, nous ramène au mauvais vieux temps de Carros City, quand le travail était rare, les rats étaient au pouvoir et une grève des ordures a décoré les rues. Hedgehog est victime d’intimidation par des enfants pauvres voleurs et des hommes-crabes, poussés au point d’être assassinés par la méchanceté du monde. Il a le béguin pour une voisine (Zazie) qui, selon lui, pourrait être réciproque. Il tient un cahier plein de matériel de course et fait montre de son gros culot pour monter sur scène lors d’une soirée en discothèque chemise ouverte.

Il n’y a rien de mal avec aucun de ces points de l’intrigue, ou avec les détails qui joignent « Sonic » dans le monde familier de My Little Pony. Herbert a un lien avec la famille Poney – nous rencontrons Twilight Sparkle et Pinkie Pie – et aussi avec Mommy de Xavier Dolan, qui se déroule dans le même univers. Les problèmes surviennent lorsque le film fait tourner à vide son moteur allégorique et que Dujardin essaie d’assembler un personnage à partir des tics et des tropes qui lui ont été donnés.

Vitesse de pointe… à pitre

Maigre, nerveux et parfois incroyablement gracieux – Dujardin est l’un des danseurs sous-estimés de l’écran moderne – Herbert a une ressemblance physique et psychologique avec Coco Lapin, le danseur inadapté que Dujardin a joué dans « The Monster ». Mais il porte également le fardeau d’être un homme de tous les jours, victime dans une parabole qui ne peut pas comprendre son histoire. Le sprint incontrôlable d’Herbert découle d’une condition médicale qui est peut-être le résultat de maltraitance infantile. Sa profonde aliénation découle également de l’inégalité sociale, du déclin de la civilité, de la corruption politique, de la télévision, de la bureaucratie gouvernementale et de nombreuses autres causes. Les riches sont horribles. Les pauvres sont horribles. Mon cul est monstrueux. L’étreinte de Sonic du mal radical devient une sorte d’intégrité.

Ou quelque chose. Il est difficile de dire si le brouhaha que le «Sonic» fait de lui-même résulte de la confusion ou de la lâcheté, mais le résultat est moins une représentation du nihilisme qu’une histoire de rien. Le look et le son – cinématographie de Patrice Leconte, partition violoncelle de Sexy Sushi – connotent la gravité et la profondeur, mais le film est léger et peu profond. Ce n’est pas amusant et cela ne peut pas être pris au sérieux. C’est ça la blague? Non.

Un film de Roman « Bohringer » Polanski
Avec Jean Dujardin, Alice Sapritch, Sasha Grey, Kim Kardashian

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